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La décision d'aménager le château de Seneffe en centre de l'orfèvrerie a été prise en 1978, suite a une importante donation consentie à l'Etat belge.

En effet, le principal noyau des collections d'orfèvrerie de Seneffe résulte d'un don fait par M. Claude Dalemagne, un des plus grands collection­neurs et connaisseurs en cette matière en Belgique. Sous son impulsion, Seneffe est devenu le Centre de l'orfèvrerie de la Communauté française, qui conserve et expose quelque 800 pièces en argent provenant de différents centres de production européens des XVIIC et XVIII" siècles.

Ne a Bruges en 1917, Claude Dallemagne a grandi dans un milieu très oriente vers les arts puisque son père était régisseur du théâtre de la Monnaie. Licencie en histoire de l'Université Libre de Bruxelles, il enta­me tres jeune une carriere de professeur, davantage pour satisfaire aux sou­haits paternels et assurer sa subsistance que par véritable vocation. Déjà Claude Dallemagne avait trouve ce qui allait conditionner et passionner toute son existence : la collection d'argenterie. Toutefois, il restera professeur jusqu'en 1953.
Très tôt, bien avant que l'orfèvrerie ne devienne une des valeurs mon­tantes du marche de l'art, Claude Dallemagne avait compris l'intérêt de ces objets utilitaires magnifies par la noblesse du matériau, la beauté des formes et la maitrise de la technique. Attire par l'œuvre qui le séduit, Claude Dallemagne cherche à en déchiffrer les secrets, a en lire les marques et poinçons et, par la, a en dévoiler la provenance et l'auteur.

Intéresse tout d'abord par les œuvres produites dans les différentes villes belges, dont il réunit un ensemble remarquable, Claude Dallemagne se tourne également vers l'orfèvrerie parisienne et la production des centres des provinces françaises, encore peu connus. Enfin, la curiosité toujours en éveil, il se laissera séduire par l'orfèvrerie anglaise, marquant une prédilection pour la production des maitres huguenots outre-manche, qui ont emporte dans leur exiles modes et le savoir-faire virtuose des ateliers pari­siens et français.

Ces principaux sujets d'étude n'ont cependant jamais détourne le collec­tionneur des beaux objets d'orfèvrerie produits dans les différents pays d'Europe. Au hasard des découvertes et des ventes, saisissant toutes les occa­sions, la collection s'est ainsi enrichie de pièces hollandaises, allemandes, suisses, espagnoles, italiennes, scandinaves et même russes, acquérant, en même temps que sa dimension européenne, la diversité qui fait son charme et rehausse son intérêt.

Des 1963, Claude Dallemagne s'est préoccupe de l'avenir de sa collec­tion. Estimant qu'elle faisait partie du patrimoine artistique et historique collectif, il a cherche à la maintenir groupée et a la rendre accessible au public : c'est pourquoi il a donne quelque cinq cents pièces a l'Association des Demeures Historiques de Belgique afin qu'elles soient exposées au château de Laarne, prés de Gand. 11 ne faut jamais oublier de considérer ensemble les collections de Laarne et de Seneffe si l'on veut mesurer l'ampleur du travail accompli par Claude Dallemagne dans le domaine de l'orfèvrerie européenne.
Dallemagne 2.
Zilvercollectie_Laarne_opmaak_binnenpaginas_gecorrigeerd[2].pdf